Voilà un étrange roman,
composé de deux parties distinctes, non seulement par l'époque, mais surtout
par le style. La première pourrait être comparée à une peinture figurative, la
deuxième à une oeuvre abstraite. La césure se fait au moment de l'enterrement
de M. de Sade. Il y a vraiment un avant et un après la mort.
Dans la première partie,
j'ai apprécié la représentation de ce vieillard (en 1814, à 74 ans, on était
très vieux), rongé par la maladie, mais qui se bat jusqu'au bout pour que sa
lutte contre la bienséance, contre l'obscurantisme de la religion, contre la liberté de pensée et de
mouvements, lui survive. Alors bien sûr, M. de Sade est dérangeant puisque pour
exprimer son rejet de l'ordre établi, il se sert de pratiques sexuelles
scandaleuses (à l'époque, mais finalement encore aujourd'hui).
Jacques Chessex nous raconte
les derniers mois de ce prisonnier d'exception, sans éviter les côtés scabreux
de la déchéance du corps, alors que l'esprit est encore vif.
"Doucet lui applique
à la seringue un sédatif anal, M. de Sade a présenté le siège, l'eau chargée de
laudanum ruisselle entre les fesses du vieillard qui pousse maintenant de
petits cris de chiot, des couinements, un incessant gargouillis de gorge qui
répond au gargouillement rectal."
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Marquis de Sade |
Mais ce qui m'a surtout
intéressée, c'est qu'au moment où Chessex écrit ces lignes, il est lui-même en
fin de vie, et on ne peut s'empêcher de voir une identification de l'auteur
révolté, qu'il a toujours été, avec le divin marquis.
"Tout ce qui peut
lui être agréable lui prolonge l'existence. Homme de passion, donc d'humeur, et
d'éclats, une grenade toujours prête à exploser. Il serait faux de le prier.
Laissez donc faire la Nature. C'est elle qui décidera du jour et de l'heure de
notre ami. Il est déjà admirable, après la vie qu'il a menée, qu'il soit encore
parmi nous, dressé contre la Mort comme la sentinelle de son propre destin
!"
Mais encore :
"La conduite d'un
homme avant sa mort a quelque chose d'un dessin au trait aggravé. Il y acquiert
un timbre à la fois plus mystérieux, et plus explicite de son destin. Dans la
lumière de la mort, dont le personnage ne peut ignorer entièrement la
proximité, chacune de ses paroles, de ses actes résonne plus fort, de par la
cruauté du sursis."
C'est ainsi que l'on suit
Sade, dans à la fois sa préparation à la mort (il "ne cesse de recenser
les titres de ses ouvrages, et leur nombre...") et à sa négation ou tout
du moins son retardement, en se livrant de manière forcenée à des pratiques
sexuelles mêlant douleur et plaisir.
Cependant, son principal
souci devant la fin inéluctable est celle ne pas être autopsié et de n'avoir
aucune croix sur sa tombe. Il le fait jurer plusieurs fois, au médecin et au
prêtre qui l'assistent.
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Vanité de Simon Renard de Saint André |
Première partie passionnante
donc. Mais que dire de la seconde ? Je n'y ai rien compris... Je n'ai pas
suffisamment suivi Sade et les influences que son oeuvre a eues jusqu'à nos
jours, pour apprécier les péripéties de son crâne, perdu, copié, retrouvé et
doué de pouvoirs étranges. Il y est souvent question de
vanité, et la présence de ce crâne ne peut que renvoyer aux "vanités" picturales.
Je ne peux interpréter cela
que comme une métaphore et me demande si, au final, Chessex ne joue pas sur les
mots et si ce crâne de M. de Sade ne serait, en fait, pas un néologisme tiré du
verbe crâner.
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