samedi 29 mai 2010

Boris Vian : MADEMOISELLE BONSOIR, Le Livre de Poche, 2009

Après de nombreuses recherches pour réunir les feuillets multiples et épars du manuscrit laissé inachevé par Boris Vian en 1952, Le Livre de Poche a finalement édité, en 2009, la comédie musicale intitulée "Mademoiselle Bonsoir". 

Lassés de travailler à la rédaction du courrier du coeur d'un magazine, le responsable de la rubrique et sa secrétaire saisissent au vol le besoin d'un de leurs correspondants trop laid et trop timide pour trouver l'âme soeur, et décident de monter avec ce dernier, une entreprise peu banale. Il s'agit de proposer les services d'une demoiselle qui vient chez vous, le soir, pour vous chanter une berceuse, vous embrasser sur le front et vous permettre ainsi de vous endormir. On suit avec sympathie les ruses du monsieur trop laid pour arriver, lui aussi, à se faire embrasser. 

Si le thème est des plus simples, en revanche, il ne faut pas moins de 14 tableaux et 53 personnages pour en développer toute la saveur. Du malfrat accompagné de ses deux tueurs, au Duc della Biblioteca, académicien, en passant par une bande de clochards, Boris Vian dresse avec humour et tendresse, comme toujours, le portrait d'une société de consommation naissante où bientôt, tout va pouvoir se vendre et s'acheter. Il ébauche même, comme le relève M. d'Déé, dans sa préface, ce qui sera plus tard appelé télé réalité. 

Je me suis amusée à la lecture de cet ouvrage et je vous laisse découvrir ce qu'en disent les personnes qui ont travaillé à rendre finalement possible sa publication. 



mardi 25 mai 2010

Amin Maalouf : ADRIANA MATER, Grasset, 2006



Amin Maalouf, signe là son deuxième livret d’opéra.

Une femme porte l’enfant du viol qu’elle a subi en temps de guerre, et elle ne sait si l’enfant sera Caïn ou Abel. Devenu adulte et ayant appris son origine, le fils cherchera à tuer son père, mais n’y parviendra pas. Sa mère aura cette parole : “Cet homme méritait de mourir, mais toi, mon fils, tu ne méritais pas de tuer”.

Les quatre personnages, la mère, sa soeur, le fils et le père, sont accompagnés et soutenus par un choeur qui apporte, par ses interventions, le souffle de la tragédie antique.

L’opéra a été composé par Kaija Saariaho et a été créé à la Bastille le 30 mars 2006 dans une mise en scène de Peter Sellars. Il a également fait l’objet d’une adaptation au théâtre sous le nom de Cette nuit-là.

C'est un livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire et j'en ai apprécié la sobriété et l'atmosphère.