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samedi 26 mars 2011

Milena Agus : LE MAL DE PIERRES, Liana Levi, 2006

Publié deux ans avant "Battements d'ailes", ce roman raconte déjà, la fascination d'une jeune fille pour une autre femme, en l'occurrence sa grand-mère. Elle nous en dresse un portrait plein d'amour et d'admiration et l'on découvre petit à petit une femme à la fantaisie trop grande pour son époque, et son monde, pour qui l'écriture a été de tout temps, l'échappatoire lui permettant de supporter le rôle qu'on veut la voir jouer au quotidien.

De la jeune fille que l'on bat parce qu'elle écrit des lettres d'amour à ses prétendants, à la grand-mère qui confie, à sa petite fille, l'histoire de son unique amour pour un homme jamais revu, en passant par un mariage de raison, Milena Agus nous parle, sans en avoir l'air, de la lutte de cette femme pour parvenir à se faire aimer. Mais lorsque la narratrice trouve, par hasard, le carnet secret de sa grand-mère, le portrait est remis en question et tout est à reprendre.

C'est le deuxième roman de cette auteure que je lis et j'y ai pris autant de plaisir que la première fois, peut-être même plus, car il me semble plus profond et encore plus personnel. Milena Agus ne dit-elle pas dans un colloque en 2007 :

"J'ai découvert que l'écriture, contrairement à la musique, aux langues, au sport et aux autres matières apprises au lycée, rachète le réel, et d'une façon toute particulière. Prenez quelqu'un que personne n'aime, dans la réalité : si vous le transformez en personnage, vous pouvez le faire aimer beaucoup. J'ai écrit sur des gens qui n'avaient ni chance ni amour dans leur vie, en espérant qu'ils en trouvent au moins auprès de mes lecteurs".

jeudi 23 décembre 2010

Milena Agus : BATTEMENT D'AILES, Ed, Liana Lévi, 2008

Milena Agus, romancière italienne, née en 1959, et vivant à Cagliari, nous entraîne en Sardaigne, dans un coin perdu et sauvage, où vivent deux familles, celle d'une jeune fille de 14 ans, celle de ses voisins mais surtout une certaine "Madame" qui refuse de vendre sa terre à des promoteurs immobiliers. 
La petite tient une sorte de journal où l'on découvre la fascination qu'elle porte à cette quinquagénaire fantasque, toujours à la recherche de l'amour mais qui en a peur, le jour où elle le trouve enfin. 
"Madame, qui désormais est Agnese, dit que son bonheur avec Giovanni est si grand qu'il est à peine soutenable et qu'être heureux n'est pas facile comme le pensent les pauvres gens qui se débattent dans mille difficultés. Comme le pensait avant elle-même. Elle dit que la seule façon pour que ce bonheur ne finisse pas est de finir avant lui. Mourir pour ne pas mourir." 
C'est un petit roman, léger, agréable à lire, où le portrait des protagonistes, tous plus attachants les uns que les autres, est habilement tiré par petites touches, et où l'imaginaire de la jeune fille ne fait que renforcer la magie des chiffres pratiquée par "Madame", car "sans magie, la vie a un goût d'épouvante".